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Le Rwanda a réussi ce jeudi son grand retour sur les marchés de la dette en emettant 400 millions de dollars d’obligations à 10 ans pour sa première émission en dollars américain.

Le gouvernement rwandais avait mandaté la semaine passée BNP Paribas et Citigroup comme chefs de file pour l’opération. La taille de l’émission ne lui a pas permis d’intégrer l’indice d’obligations souveraines émergentes de JP Morgan (la barre étant placée à 500 millions de dollars), mais cela n’a pas semblé entamer l’appétit des investisseurs.

En effet, selon des sources Reuters, la demande a atteint 3 milliards de dollars, soit 7.5 fois la taille de l’émission.

Le rendement de l’obligation est ressorti à 6,875% selon Reuters. La dette du Rwanda est classée dans la catégorie “spéculative”, Standard & Poor’s et Fitch Rating lui attribuant la note « B » (soit 5 crans en dessous de la catégorie « investissement »), avec une perspective stable

Cette opération signe donc le retour du pays auprès de la communauté financière internationale. Une partie des fonds levés seront utilisés pour la construction du Kigali Convention Centre et pour financer le plan de développement de la compagnie aérienne RwandAir.

Au cours des dix dernières années, le pays a enregistré un taux de croissance annuel de 8 % en moyenne, dont 7,7 % en 2012. Kigali veut atteindre une croissance moyenne de 11,5 % sur la période 2013-2017, selon le président rwandais, Paul Kagame. Mais la pauvreté frappe encore près de la moitié de la population de ce petit pays d’Afrique centrale de 11 millions d’habitants. Le budget du Rwanda dépend à 40 % de l’aide étrangère et il a dû revoir son budget 2012-2013 à la suite de la suspension d’aides en raison du soutien supposé de Kigali à une révolte au Congo voisin.

Depuis quelques mois, les marchés obligataires africains enregistrent un intérêt croissant de la part des investisseurs. Le Nigeria, le Kenya, la Zambie ou le Ghana ont réussi à lever des fonds en attirant une forte demande. Dans un contexte de bas taux d’intérêts, il est vrai que les rendements proposés ont de quoi séduire les investisseurs.

Outre la solide croissance du continent, l’activisme des autorités monétaires locales explique le dynamisme de la demande étrangère pour la dette souveraine africaine.