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(Agence Ecofin) - Le gouvernement nigérian s'organise pour son retour prochain sur le marché international des capitaux, avec une possible émission de 3,3 milliards $ d'obligations souveraines (internationales).

 

Le président Muhammadu Buhari a sollicité l'accord du Parlement à l'effet de lancer cette opération, mais aucune information sur une quelconque tournée de rencontre des investisseurs n'est encore disponible. Fin décembre 2019, la ministre des Finances, Zainab Ahmed, avait annoncé qu'il est possible que cela se fasse au cours du premier trimestre 2020.

 

Le Nigeria arrivera sur ce marché des eurobonds après les récentes sorties réussies de deux autres pays d'Afrique subsaharienne, le Ghana et le Gabon, avec des émissions combinées de 4 milliards $ pour refinancer leurs dettes existantes et combler le déficit prévisionnel de leurs budgets. Le Ghana particulièrement, a reçu un accueil favorable des investisseurs avec des souscriptions qui ont atteint plus de 3 fois le montant sollicité (3 milliards $).

Les efforts d'amélioration du pays au plan macroéconomique ont positivement joué en sa faveur. Le Ghana est en effet parvenu à réduire son déficit budgétaire et a terminé l'année 2019 avec un solde positif de 1,7 milliard $ entre les montants transférés à l'extérieur et ceux reçus par son économie. Dans le cas du Nigeria, la situation est différente.

 

Un test auprès des investisseurs pour la première économie d’Afrique en termes de PIB

Le prix du pétrole, la principale source de revenus en devises du pays, est frappé de plein fouet par l'épidémie internationale de Coronavirus qui touche l'économie chinoise et réduit par conséquent les besoins énergétiques du pays. Les investisseurs seront aussi attentifs à son endettement qui devrait continuer de progresser jusqu'à atteindre 25% de son produit intérieur brut, soit deux fois plus que son niveau de 2013.

 

La position extérieure du Nigeria sera aussi scrutée. Entre début janvier et fin mai 2019, les investissements étrangers sur les portefeuilles de titres d'emprunts émis localement par le Trésor public, sont passés d'environ 10 milliards à plus de 16 milliards $. Ce niveau est resté quasiment stable jusqu'en octobre 2019, avant de commencer à chuter pour atteindre environ 12 milliards de dollars $, selon de récentes indications de la Banque centrale.

 

On note aussi que le naira s'est déprécié depuis le début de l'année dernière, sous l'effet d'une augmentation du déficit du compte courant. L'injection vers le mois de juillet 2019, de 6 milliards $ par la Banque centrale a contribué à ralentir la baisse des réserves, mais la monnaie a recommencé à baisser. Elle s'échangeait à 366,2 nairas pour 1$, soit son niveau le plus élevé des dix dernières années, selon des données collectées par l'Agence Ecofin.

 

La question est désormais de savoir si le Nigeria fera mieux que le Ghana. Pour l’instant, l’ensemble des eurobonds émis par le pays ont une bonne réputation chez les investisseurs. Cela peut s’observer sur l’écart entre les taux d’intérêt initiaux plus élevés que les rendements actuels ; une preuve que les investisseurs sont prêts à gagner moins pour avoir ces titres dans leurs portefeuilles.

 

Pour l’instant, le rendement le plus élevé exigé par le marché était de 7,9% au 11 février 2020 ; un taux qui pourrait servir de référence pour la prochaine émission.