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(Agence Ecofin) - L’agence de notation financière Standard & Poor's (S&P) a annoncé, dans un communiqué publié le 23 octobre, avoir confirmé les notes attribuées à la dette à long terme et à court terme du Cameroun à «B/B», avec perspective stable.

 

S&P a rappelé que l’économie camerounaise a enregistré une croissance de 5,9 % en 2014 malgré la forte baisse des cours pétroliers internationaux et la situation sécuritaire et économique fragile dans le nord. Elle prévoit une croissance du PIB réel de 5,7 % en moyenne entre 2015 et 2018, car le Plan d'urgence triennal lancé par le gouvernement en décembre 2014 pourrait contribuer à l'amélioration des chaînes de valeur agricoles, au développement de l'approvisionnement énergétique et au dynamisme du secteur de la construction.

 

L’agence note cependant que le déficit budgétaire du pays devrait rester proche de 5% en moyenne durant la période 2015-2018, en raison des importantes dépenses d'investissement et de la baisse des recettes pétrolières.

 

La dette publique nette du Cameroun devrait, quant à elle, sensiblement augmenter à l'horizon sur la période 2015-2018 pour atteindre 35% du PIB en 2018 contre 23 % du PIB à fin 2014. Cela est imputable au creusement des déficits et à l'émission d'une euro-obligation cette année, telle que prévue par le gouvernement.

 

Au rang des risques, S&P cite notamment l'incertitude relative au processus de succession à la présidence et la montée de la menace islamiste dans le nord du pays.

 

«Nous nous attendons à ce que le Président Paul Biya reste au pouvoir jusqu'aux prochaines élections présidentielles prévues fin 2018, moment où il quittera probablement ses fonctions (…) Nous notons que la constitution a été modifiée pour garantir une succession présidentielle en douceur, mais il semble que l'institution chargée de constater la vacance de la Présidence et de déclencher le processus de transition n'ait pas encore été créée, ce qui pourrait engendrer un vide constitutionnel», a-t-elle indiqué.

 

Et d’ajouter : « Dans l'extrême nord du pays, les menaces du groupe terroriste djihadiste Boko Haram persisteront mais nous pensons que les risques de déstabilisation marquée resteront contenus, notamment après l'intervention des troupes tchadiennes dans la région et du fait de la coopération renforcée, attendue avec le Nigeria».

 

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